L’hypertension artérielle touche environ 30 % des adultes en France. La moitié ne le sait pas. L’autre moitié le sait mais ne le traite pas correctement. Et pendant ce temps, la pression excessive dans les artères fait son travail de sape, lentement, sans prévenir, pendant des années.
Le mécanisme est assez simple à comprendre. Le coeur pompe le sang, et ce sang exerce une pression sur les parois des artères. On parle d’hypertension quand cette pression dépasse régulièrement 140/90 mmHg au repos. Le premier chiffre, c’est la pression systolique (quand le coeur se contracte), le second c’est la diastolique (entre deux battements). Au-delà de ces seuils mesurés plusieurs fois, on est en territoire à risque.
Le problème, c’est que l’hypertension ne fait pas mal. Pas de signe évident, pas de signal d’alarme. Les maux de tête intenses, les bourdonnements d’oreilles, les saignements de nez : ces symptômes sont associés dans l’imaginaire collectif à la tension, mais ils n’apparaissent généralement qu’en cas de crise hypertensive grave. En dehors de ça, rien. D’où le surnom de tueur silencieux, qui n’a rien d’exagéré.
Ce que cette pression prolongée fait aux organes, c’est là où ça devient sérieux. Les artères s’épaississent et durcissent, un processus qu’on appelle artériosclérose. Le risque d’infarctus et d’AVC monte fortement. Les reins, qui filtrent le sang en permanence, subissent une dégradation progressive. La rétine peut être atteinte, avec des complications visuelles parfois irréversibles.
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La bonne nouvelle, c’est que l’hypertension répond très bien aux changements de mode de vie, surtout quand elle est détectée tôt. Réduire le sel est la mesure la plus documentée : passer en dessous de 5 grammes par jour (on est souvent à 9 ou 10 sans s’en rendre compte) peut faire baisser la tension de plusieurs points. L’activité physique régulière, 30 minutes de marche rapide cinq fois par semaine, a un effet comparable à certains médicaments pour les formes légères.
Le poids entre aussi en jeu directement. Chaque kilo perdu en cas de surpoids peut faire baisser la pression systolique de 1 mmHg environ. L’alcool, même en quantités modérées, fait grimper la tension. Le tabac aggrave les dommages vasculaires que l’hypertension provoque déjà.
Pour ceux dont la tension reste élevée malgré ces ajustements, des médicaments existent et fonctionnent bien. Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion, les bêtabloquants, les diurétiques… les combinaisons sont nombreuses et le médecin adapte le traitement au profil de chaque patient.
La mesure à domicile reste le meilleur outil de suivi. Un tensiomètre de bras automatique, le matin au calme avant de boire un café, plusieurs jours de suite : c’est bien plus représentatif d’une mesure isolée chez le médecin, qui donne souvent une tension gonflée par le stress de la consultation, ce qu’on appelle l’effet blouse blanche.
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